Yin yoga et médecine chinoise

Le yin yoga et la médecine traditionnelle chinoise (mtc) sont intimement liés, le premier utilisant les concepts énergétiques de la seconde pour stimuler les méridiens du corps à travers des postures tenues longuement dans l’immobilité.
Créé dans les années 1990 par Paul Grilley et Sarah Powers, le yin yoga s’appuie sur le taoïsme, tout comme la mtc.
Le yin yoga permet de favoriser la circulation du chi ou qi, l’énergie vitale selon la mtc. En effet, le corps est traversé par des canaux d’énergie, les méridiens, dans lesquels circule le qi.
En tenant les postures au sol sans contraction musculaire pendant 3 à 5 minutes ou plus, on étire les tissus profonds (fascias, ligaments, tendons), ce qui agit comme une forme d’acupression et contribue à relancer le flux énergétique. On décongestionne ainsi les méridiens, ce qui permet de rééquilibrer le yin et le yang.
Au lieu d’utiliser des aiguilles comme en acupuncture, le yin yoga utilise le poids du corps et la gravité. Plus précisément :
Lorsqu’une posture est maintenue dans l’immobilité, elle crée une tension ou une compression douce sur une zone précise du corps. Cela agit comme une forme d’acupression et le flux de qi est temporairement ralenti.
Au moment du « rebond », c’est-à-dire lors du relâchement de la posture, l’énergie et le sang circulent à nouveau de manière plus fluide, contribuant à libérer les stagnations et les blocages et à relancer la circulation du qi dans les méridiens.
Le corps humain est parcouru par 12 méridiens principaux, qui fonctionnent par paires (un yin et un yang). Ils sont associés aux 5 éléments de la mtc, lesquels correspondent notamment à une saison, une saveur, une couleur, des organes et une émotion.
L’eau (hiver) : liée aux méridiens des reins et de la vessie. Associée à la peur, à la couleur noire et à la saveur salée. Quelques postures : la chenille (pince), l’escargot (charrue), la cascade (pince debout).
Le bois (printemps) : lié au foie et à la vésicule biliaire. Associé à la colère, à la couleur verte et à la saveur acide. Quelques postures : la banane (demi-lune allongée), la sirène, le chat qui attrape sa queue (variante de torsion allongée).
La terre (intersaisons) : liée à la rate et à l’estomac. Associée aux ruminations mentales, à la couleur orange et à la saveur sucrée. Quelques postures : l’enfant, l’étirement des orteils ou des chevilles, le dragon (lézard).
Le feu (été) : lié au cœur et à l’intestin grêle, ainsi qu’au péricarde et au triple réchauffeur. Associé à la joie, à la couleur rouge et à la saveur amère. Quelques postures : les bras de l’aigle, le cœur fondant (chiot), les ailes fermées (nœud papillon).
Le métal (automne) : lié aux poumons et au gros intestin. Associé à la tristesse, à la couleur blanche et à la saveur piquante. Quelques postures : l’étirement de la nuque, la tête de vache, les ailes ouvertes.
Ainsi, le yin yoga propose une rencontre entre le travail physique sur les tissus profonds et la vision énergétique de la médecine chinoise. A travers l’immobilité, la durée et le relâchement, la pratique cherche à favoriser une circulation plus harmonieuse du qi et à soutenir l’équilibre entre le yin et le yang.
Auteur: Emelyne Humez - https://www.instagram.com/emelynehumez_yokime/



